Après une pause en 2025, le festival tangérois revient du 18 au 20 septembre avec une affiche qui mêle virtuosité acoustique et flamenco cosmopolite. Deux noms, deux univers, une même ambition, celle de faire de cette 23e édition un temps fort de la rentrée culturelle.Tanger, carrefour des mondes, des cultures et des histoires. La ville a toujours su accueillir les musiques venues d’ailleurs pour les faire siennes, les transformer, les métisser. C’est dans cet esprit que Tanjazz, depuis sa création, a bâti sa légende. Pour sa 23e édition, qui se tiendra du 18 au 20 septembre prochains, le festival revient avec une signature affirmée : «Le festival des jazz de Tanger». Une manière de dire que le jazz, ici, n’est pas un genre figé, mais un territoire en mouvement. Après une pause en 2025, les organisateurs ont choisi de frapper fort pour ce retour. Pour l’instant, deux premiers noms ont été dévoilés, incarnant à eux seuls la diversité et l’exigence de la programmation.Rodrigo y Gabriela : une alchimie venue des rues de DublinIls ont grandi au Mexique, se sont rencontrés dans un groupe de heavy metal, ont tout quitté pour s’installer en Irlande, fauchés, sans rien d’autre que leurs guitares acoustiques. Rodrigo Sánchez et Gabriela Quintero ont joué dans les rues de Dublin, sur Grafton Street, avant d’être repérés par Damien Rice. Leur musique, née de cette errance, est un langage unique : une guitare rythmique, percussive, presque tribale, une autre mélodique, envoûtante. Ensemble, ils inventent un son immédiatement reconnaissable, porté par une énergie scénique hors norme. Couronnés aux Grammy Awards pour «Mettavolution» en 2020, ils ont conquis les plus grandes scènes du monde : Glastonbury, Coachella, Hollywood Bowl. Leur concert, programmé le vendredi 18 septembre au Palais des Institutions Italiennes, promet un voyage où la guitare n’est plus seulement un instrument, mais une respiration.Diego El Cigala : le flamenco comme horizonDiego El Cigala, lui, est une voix. Une voix qui porte le flamenco bien au-delà de ses racines andalouses, vers Cuba, le Mexique, l’Argentine, vers toutes les musiques latines qui lui font écho. Lauréat de six Latin Grammy Awards, il a marqué l’histoire de la musique avec «Lágrimas Negras», un album mythique enregistré avec le pianiste cubain Bebo Valdés et produit par Fernando Trueba. Salué par le New York Times, vendu à deux millions d’exemplaires, ce disque a scellé la rencontre entre l’âme flamenca et l’univers du boléro. Pour sa tournée des vingt ans de «Lágrimas Negras», le cantor revisite ce répertoire devenu essentiel. Il sera sur la scène du Palais des Institutions Italiennes le samedi 19 septembre, pour un concert où la mélancolie côtoie la fête, où le flamenco dialogue avec le jazz.Un festival qui investit la villeMais Tanjazz, c’est aussi une expérience. Pendant trois jours, le festival ne se limite pas aux murs du Palais. Il investit les rues, les places, les lieux emblématiques de Tanger. Scènes gratuites, jam sessions, cours de danse, food courts, espaces de rencontre : le festival se vit en mouvement, à ciel ouvert. Les 59.000 festivaliers de l’édition 2024 en gardent le souvenir, et les organisateurs entendent renouveler cette magie. «Le jazz, ici, c’est une histoire», aiment à rappeler les programmateurs. Tanger, ville de Paul Bowles et de William S. Burroughs, a toujours été un terreau d’expérimentations musicales. Tanjazz s’inscrit dans cette tradition, en célébrant un jazz vivant, libre, nourri par les influences et les territoires.PratiqueTanjazz 2026 – 23e édition – «Le festival des jazz de Tanger»Du 18 au 20 septembre 2026 – TangerRodrigo y Gabriela : vendredi 18 septembre –Palais des Institutions ItaliennesDiego El Cigala : samedi 19 septembre – Palais des Institutions ItaliennesProgrammation complète et billetterie : www.tanjazz.org